Le Parisien. AirBnB à Paris : les nuitées bientôt limitées à 120 par an pour les particuliers

Avec plus de 250.000 logements, dont 70.000 à Paris et sa banlieue, la France est, après les États-Unis, le plus important marché d’Airbnb. A Paris, plus de 5 millions de touristes ont déjà utilisé cette plate-forme pour se loger.

Face à ce grand succès qui concurrence les hôtels, la mairie de Paris et l’industrie hôtelière ont décidé de réagir. Airbnb instaure sous peu une limite automatique de 120 nuitées de location par an pour les particuliers dans la capitale. Et pour réduire les possibilités de fraudes, Airbnb propose de transmettre à la mairie les contacts des hôtes qui dépassent cette limite.

En revanche, pour les hôtes ayant des autorisations pour louer davantage – parce qu’ils sont des professionnels, qu’ils ont un bail touristique, etc. – ils pourront décocher sur l’honneur cette limitation automatique.

La date de lancement de ce nouveau dispositif n’est pas encore connue, mais celui-ci devrait peu impacter les hôtes puisque la moyenne parisienne de location est de 33 nuitées par an.

Pour le propriétaire : deux régimes à distinguer en fonction de la location de la résidence principale ou de la résidence secondaire. Lorsqu’un propriétaire loue sa résidence principale, il ne doit accomplir aucune formalité administrative, la seule contrainte étant celle de ne pas dépasser quatre mois de location consécutifs ou 120 jours dans l’année.

En revanche, lorsqu’il loue sa résidence secondaire, le propriétaire doit respecter trois obligations, sous peine d’une amende de 25.000 € : déclarer le logement meublé de tourisme à la Mairie de son arrondissement , déposer une demande d’autorisation temporaire de changement d’usage du logement, lequel deviendra à usage commercial et enfin, compenser cette sortie du parc locatif traditionnel en offrant une surface équivalente à la location dans le même arrondissement.

Pour les locataires, les règles sont plus simples puisque la loi interdit la sous-location des logements meublés sans autorisation écrite du propriétaire. De plus, le prix demandé ne doit pas excéder celui du loyer. L’instauration de cette nouvelle règle permet à Airbnb d’éviter d’être accusé de concurrence déloyale envers les hôteliers professionnels et de ne pas reproduire ce qui s’est passé à Berlin et Barcelone où la plateforme a quasiment été interdite.