Le Parisien. Claques et fessées bientôt abolies en France.

En 1804, la loi avait prévu qu’un enfant pouvait, à tout âge, être enfermé à par son père pendant un an. Heureusement, on a changé d’époque et de mentalité.

Le droit de correction de son enfant, appelons ça comme ça, n’est pas expressément reconnu par la loi, il s’agit plutôt d’une coutume qui est appréciée au cas par cas par le juge français en fonction des dispositions du droit pénal français.
Par exemple, dans les années 90, des juges avaient relaxé un père qui avait donné des coups de baguette et un coup de pied aux fesses de son fils, alors que d’autres juges ont à cette même époque, au contraire, condamné une mère du chef de violences volontaires pour avoir donné une gifle à sa fille rencontrée dans la rue, vers minuit.

Certains critères ressortent pour relaxer en France les parents : la punition, sous forme de gifle ou de fessée, doit être légère et doit impérativement s’accompagner d’une visée éducative. En aucun cas, une punition ne doit conduire à humilier l’enfant et ne doit laisser de séquelles. Mais le Conseil de l’Europe ne l’entend pas de la même oreille : La France a été condamnée en 2015 pour ne pas avoir interdit clairement toutes les formes de châtiments corporels sur les enfants.

Il semble toutefois que les choses soient sur le point d’évoluer : l’Assemblée nationale a adopté dans la nuit de vendredi premier à samedi deux juillet un amendement qui vise à abolir la violence faite aux enfants: « tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles » est désormais exclu.

C’est pourquoi, en principe, les tribunaux condamnent les parents : le tribunal correctionnel de Limoges en 2013 a condamné un père à une amende de 500 euros avec sursis pour avoir donné à son fils de 9 ans une fessée. En 2014, ce sont les juges de de Versailles qui ont condamné une mère à deux mois de prison avec sursis pour avoir donné deux gifles à son fils de 11 ans.