Le Parisien. Gleeden : le site de rencontre extra-conjugale viole-t-il la loi ?

Selon une étude de l’IFOP, la proportion de Français infidèle a bondi: En 2014, 50% des personnes interrogées ont reconnu un ou plusieurs dérapages, contre 20% en 1970.

Est ce que les Français sont plus infidèles? Est-ce qu’ils l’avouent plus ? Allez savoir.

Néanmoins, plus d’un homme sur deux et près d’une femme sur trois admettent avoir été infidèles. Le profil le plus à même de tromper: un homme, parisien ou Lillois, de plus de 50 ans, relativement aisé et qui vote à gauche selon le site internet Gleeden, le premier site de rencontres extra-conjugales.

Ce site est poursuivi en justice par des associations catholiques qui l’accusent de promouvoir l’infidélité des personnes mariées.

La question qui est posé au juge est de savoir s’il est-il légal ou non de faire de la publicité pour inciter aux rencontres extra-conjugales.

Pour ces associations catholiques, Gleeden fait, je cite dans le texte, «la promotion de la duplicité, du mensonge et de la violation de la loi». Si l’infidélité n’est plus une faute pénale en droit pénal français depuis 1975, la loi dispose toujours que «les époux se doivent mutuellement respect, fidélité, secours et assistance». Selon ces associations catholiques, la loi ne serait pas respectée par le site Gleeden et par ses 1 million de membres. Ces associations estiment que «derrière l’infidélité, il y a des enfants, des familles brisées, des drames familiaux». Il est même fait état de « comportements illicites lorsqu’on évoque les rencontres extra conjugales».

Les affiches publicitaires sur les bus, dans le métro, sont l’objet du scandale. Elles ont suscité de vives protestations, notamment une affiche évoquant la tentation d’Eve, avec une pomme croquée sous le titre «Le 1er site de rencontres extraconjugales pensé par des femmes».

Une pétition a recueilli plus de 20 000 signatures pour demander le retrait de «ces publicités scandaleuses» à la RATP qui a répondu qu’elle était est tenue de se conformer au principe de la liberté d’affichage. Mais, malgré tout, les publicités ont disparu des bus progressivement.

Le maire de Versailles, a salué la décision de supprimer ces publicités, ce à quoi Gleeden a répliqué que la commune du Roi Soleil était placée en cinquième position des «villes qui trompent le plus».

Le credo de Gleeden est simple : «On n’oblige personne, c’est un service qu’on rend», alors où est la morale, où est le droit, c’est à la justice de trancher.

Rappelons qu’en France, la morale ne fait pas recette : c’est le seul pays au monde où moins de la moitié de la population (47 %) considère l’infidélité comme «moralement inacceptable» – alors que la moyenne de la majorité des pays dans le monde est à 80 % -, loin devant l’Allemagne (60 %), les Etats-Unis (84 %), ou la Turquie (95 %).

L’affaire Hollande-Gayet, considérée par les Français comme affaire de couple, avant d’être un problème de morale en est la parfaite illustration.