Le Parisien. Justice prédictive : quand la technologie rencontre le droit.

Imaginez : vous vous rendez chez un avocat au sujet de votre affaire, et cet avocat, aidé d’une intelligence artificielle, vous donne précisément vos probabilités de succès devant un tribunal, vous donne le montant des indemnités que vous êtes susceptibles de toucher. Et bien, ce scenario n’est pas si futuriste qu’il y paraît.

Plusieurs entreprises ont d’ores et déjà développé des logiciels qui comportent ces fonctions : il s’agit du domaine de la justice prédictive.

La justice prédictive, pour se réaliser, utilise des logiciels. Tout d’abord, ces logiciels récupèrent un maximum de décisions rendues dans les tribunaux de toute la France, et dans chaque domaine du Droit. Ils tirent ensuite de ces décisions de justice des éléments importants ayant guidé la décision du juge, et les répertorient.

Grâce à ces données, les logiciels actuels sont capables de calculer vos chances de réussite, a priori de manière assez précise. Par exemple, si vous souhaitez poursuivre votre employeur pour licenciement abusif, alors votre avocat pourra y entrer les éléments clés, comme la taille de l’entreprise ou encore votre ancienneté, et obtenir une estimation précise de vos chances de réussite et de l’indemnité à laquelle vous auriez droit.

Cette nouveauté ne présente pas des avantages que pour les justiciables et les avocats, mais aussi pour les entreprises. Elles disposeront alors d’une plus grande précision dans ce qu’on appelle la quantification du risque juridique, c’est-à-dire leur chance de se voir condamnées en cas de contentieux prud’homal.

La justice prédictive aura sans aucun doute un effet sur la justice rendue par les juges. Les magistrats pourront, eux aussi, comparer leurs affaires à la moyenne des décisions rendues dans des cas similaires, et éviter, mais bien entendu ça n’arrive jamais, de rendre des jugements disproportionnés. La justice du futur est donc déjà là.