Le Parisien. Procès de l’attentat du drugstore Publicis : 42 ans de rebondissements judiciaires

Dimanche, 15 septembre 1974, 17h10 : Une grenade explose au drugstore Publicis, boulevard Saint-Germain à Paris.

L’attentat va couter la vie à deux hommes de 27 et 55 ans et faire 34 blessés.

Aujourd’hui, nous sommes en mars 2017 : plus de 42 ans après les faits, l’auteur présumé de l’attentat, Illich Ramirez Sanchez, connu sous le nom de Carlos, va refaire surface et comparaître devant la Cour d’assises spéciale de Paris.

Le terroriste vénézuélien nie avoir lancé cette grenade dans un des centres commerciaux les plus populaires de Paris à cette époque. Il s’agit d’une affaire exceptionnelle, surtout compte tenu de l’ancienneté des faits.

Aujourd’hui âgé de 67 ans, le vénézuélien Carlos se trouve en prison depuis plus de 23 ans. En 1997, l’ennemi public numéro un des année 70 a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de trois personnes, dont deux policiers, en 1975.

Carlos a été à nouveau condamné en appel en 2013 à une deuxième réclusion criminelle à perpétuité pour quatre attentats meurtriers commis en France en 1982 et 1983.

Alors, pourquoi, aujourd’hui, 42 ans après les faits, juge t-on cette affaire ?

Pour commencer, en 1983, Carlos avait bénéficié d’un non-lieu pour l’attentat du drugstore. Mais en 1995, la justice a rouvert l’enquête quand les services secrets français ont enlevé le venézulien au Soudan pour le ramener en France.

Après un nouveau non-lieu dans cette affaire en 1999, l’enquête est finalement définitivement rouverte en 2010. 42 ans après les faits, ce procès s’inscrit donc dans la longue liste des très vieux dossiers judiciaires de droit pénal qui sont examinés des dizaines d’années après les faits et qui durent depuis des années, comme l’affaire Polanski ou encore l’affaire du génocide rwandais.