Le Parisien. Terrorisme : qu’est-ce que la fiche S ?

Depuis les attentats de Paris de janvier 2015, le grand public a tristement l’habitude d’entendre parler des « fiche S ». Certains des présumés terroristes des attentats du 13 novembre étaient également recensés dans ce fichier, tout comme les frères Kouachi ou Amedy Coulibaly.

Le « S » de cette fiche de signalement signifie sûreté de l’Etat et ne constitue en fait que l’un des nombreuses catégories de fiches d’un seul et même fichier, celui des personnes recherchées par la police.

Les fichiers de la police, et il s’agit en principe de toutes les polices européennes, ces fichiers rassembleraient les noms de plus de 400 000 personnes, aussi bien des militants altermondialistes que des membres du grand banditisme ou encore des mineurs signalés pour fugue.

Le nombre de personnes faisant l’objet d’une « fiche S » serait compris entre « quelques milliers », selon le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve– et « 11 500 », selon l’ancien président Nicolas Sarkozy. Y figurent l’état civil (nom, prénom, nationalité, date de naissance), l’alias s’il existe, le sexe, une photo, les « motifs de la recherche » ainsi que la « conduite à tenir en cas de découverte ».

Une « fiche S » est ensuite graduée par des chiffres, de « S1 » à « S16 », selon la réponse à apporter en cas de découverte de la personne fichée. Par exemple, « S14 » correspond aux djihadistes qui reviennent de Syrie. Il faut bien comprendre que les personnes fichées ne sont pas forcément coupables de quoi que ce soit. Elles ne sont d’ailleurs pas au courant qu’elles sont surveillées. La loi n’impose aucune obligation à leur égard, ni suivi automatique, ni surveillance de facto, ni arrestation sur le champ.

Une personne visée peut d’ailleurs ne pas se trouver sur le territoire français mais être fichée à la suite de partage d’informations venant de pays alliés.

Enfin, l’inscription sur le fichier est temporaire : si une personne fichée ne commet aucune infraction, n’a pas de comportement suspect ni de mauvaises fréquentations, sa fiche est effacée au bout d’une année.