Le Parisien. Un chirurgien peut-il vous faire le dos de Barbie en France?

Les Américaines raffolent du dos de Barbie, et payent cher pour avoir le même : le Barbie Back est la dernière tendance outre-Atlantique en matière de chirurgie esthétique. Au Japon, ce sont les lignes de la main qu’on redessine pour infléchir le cours du destin. En Corée du Sud, on veut les grands yeux du chat botté, ou alors le nez en Tour Eiffel et au Brésil, certains s’offrent des implants de mollet.

En France, il y a plus de 1400 opérations de chirurgie esthétique réalisées chaque jour.

Dès 2002, la loi est venue encadrer drastiquement le cadre juridique. Pour preuve :

–       Les praticiens doivent être inscrits au Conseil de l’ordre ;

–       Le cabinet de chirurgie esthétique, comme son bloc opératoire, doivent être certifiés aux normes établies par les hautes autorités de santé;

–       Le patient, enfin, doit être informé des conditions de l’intervention, des risques encourus, et des complications éventuelles. D’où un entretien préalable obligatoire;

–        D’où, également, ce délai de réflexion de deux semaines, tout aussi obligatoire.

En France, les chirurgiens tentent de poser un cadre pour lutter contre les dérives et les excès. Il y a une déontologie et des règles de bonnes pratiques dans la profession : « Un chirurgien doit toujours analyser la demande du patient et se poser la question : est-ce que sa demande est fondée ou abusive ? »

Rappelons qu’en terme juridique – que ce soit dans le secteur privé ou public, aucune atteinte ne peut être portée à l’intégrité́ physique ou mentale d’un être humain sans son consentement.

Cette règle résulte de l’article L.1111-2 du Code de la santé publique.

Si le consentement du patient est un indispensable à la réalisation de l’acte médical, il n’est pas suffisant pour justifier l’atteinte à l’intégrité́ corporelle.

Le chirurgien qui opère porte atteinte volontairement à l’intégrité physique de son patient et en droit pénal français cette atteinte est, a priori, constitutive d’une infraction prévue par le Code pénal dans sa section intitulée « Des atteintes volontaires à l’intégrité́ des personnes ».