Parole d’avocat. Comment changer de prénom ?

S’appeler Marie Tournelle, Pierre Ponce, Aude Javel ou encore Mégane Renaud n’est pas facile au quotidien.

La seule solution est d’engager une procédure devant le juge aux affaires familiales du tribunal de Grande Instance de votre domicile pour changer de prénom. Et il va falloir justifier devant ce tribunal de ce qu’on appelle en droit, un intérêt légitime.

Pour accueillir ou rejeter les demandes, les juges vont apprécier in concreto, au cas par cas, le caractère troublant voire traumatisant du prénom et notamment les railleries qu’il est susceptible de créer. C’est pourquoi il vous incombe de démontrer le préjudice causé par le prénom que vous portez et les raisons pour lesquelles le changement pourrait y mettre un terme.

Alors, certains prénoms sont plus facile à changer que d’autres : les prénoms ridicules ou de pure fantaisie sont traditionnellement admis comme constituant un « intérêt légitime » Par exemple, les juges ont autorisé la modification des prénoms comme « Folavril » et « Patriste » . En revanche, le prénom « Zébulon » n’a pas été considéré comme susceptible de justifier aux yeux des juges un intérêt légitime.

En revanche, le port d’un prénom spécifiquement féminin pour un homme et vice – versa pour une femme est indéniablement préjudiciable. Le requérant obtiendra en principe gain de cause. L’usage constant d’un autre prénom que le sien peut aussi dans certaines circonstances constituer un motif d’intérêt légitime.

Enfin, le fait de vouloir changer de prénom pour favoriser l’intégration dans un pays peut là également être accepté. La « francisation » d’un prénom à consonance étrangère est assez fréquent pour passer de « Farid » à « Stéphane » par exemple.

En cas de demande de francisation de prénom, le demandeur doit déposer la demande en même temps qu’il accomplît les formalités d’acquisition de la nationalité française.

Finalement, il existe la possibilité de changement de prénom lié à l’intégration dans une communauté religieuse. On peut demander aux juges d’adjoindre ou substituer un prénom par exemple un prénom hébreu si on considère que s’appeler Sandrine ou Karine est un obstacle à l’exercice, comme le requérant l’entend, de la religion juive.

Notez que « le seul fait de ne pas aimer son prénom ne peut constituer un motif d’intérêt légitime ». Si la demande concerne un mineur, elle doit être faite par son représentant légal et nécessite d’ailleurs l’accord de tous les titulaires de l’autorité parentale car il ne s’agit pas d’un acte usuel qu’un parent peut prendre seul.