Parole d’avocat. Mentir sur son CV, quels sont les risques ?

Ajouter 6 mois d’expérience professionnelle, transformer un DEUG en licence, transformer un stage en CDD ou encore cacher une longue période d’inactivité, on estime que 75% des CV seraient « enjolivés », même si une telle manipulation reste risquée.

Alors que risque concrètement le « menteur » qui a tronqué certaines informations sur son CV et qui s’est fait embaucher? En effet, les risques augmentent en fonction de la gravité du mensonge, de la gravité de la faute.

Tout d’abord la loi a mis une obligation à l’égard de l’employeur: depuis 1992, la justice considère que l’employeur a le droit et le devoir de vérifier les informations présentes sur votre CV. S’il ne le fait pas, et rapidement, c’est lui qui est en tort : une salariée qui a transformé un stage de quatre mois chez Renault en un emploi d’un an a même gagné son procès contre son employeur. Autre obligation pour l’employeur : il ne peut demander au salarié d’indiquer sur son CV d’autres informations que celles qui sont nécessaires à l’appréciation de ses compétences à occuper le poste en question. Par exemple, taire son état de grossesse ne peut justifier un refus d’embaucher. C’est la même chose sur le fait de taire d’avoir des enfants. Ne pas l’indiquer ou dire le contraire si on vous le demande, ne peut pas vous être reproché. Ce n’est pas un mensonge.

Alors, que se passe t-il lorsque le mensonge est grave et a des conséquences sur le poste qui a été occupé ? Le salarié peut se faire licencier et même être contraint à payer des dommages et intérêts à son employeur. L’employeur peut saisir le conseil des prud’hommes après le licenciement de son salarié s’il peut prouver que le mensonge a causé un préjudice à son entreprise: par exemple, par la production de faux diplômes. Les juges ont reconnu qu’un employé de banque avait commis une faute car il avait menti lors de son recrutement, en prétendant être titulaire d’un BTS de comptabilité et de gestion, alors que l’employeur était en droit d’exiger de sa part une honnêteté et une loyauté irréprochables.

Enfin, il reste une dernière option judiciaire pour l’employeur : l’action pénale. Dans les cas graves, le fait de produire de faux diplômes peut caractériser le délit de faux. En droit pénal français, le faux et l’usage de faux sont punis de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.