Parole d’avocat : usurpation d’identité, que faire ?

L’usurpation d’identité est devenue en quelques années une grande menace criminelle.

Désormais dans le top 5 des infractions en France, un Français a presque plus de chances de subir une usurpation d’identité qu’un cambriolage ou un vol de voiture.

Qu’est-ce  l’usurpation d’identité ? Quelle forme prend-elle ?

L’usurpation d’identité d’une personne physique ou d’une personne morale consiste à prendre délibérément l’identité d’une autre personne dans le but de réaliser des actions frauduleuses.

Le phénomène ne se limite pas au seul fait de la société numérique mais touche aussi la tromperie envers les aides sociales, la carte d’identité, le passeport, le permis de conduire, etc.

Par ailleurs, en demandant un extrait de casier judiciaire, un acte de naissance ou tout autre papier administratif, certaines personnes ont pu réaliser qu’ils avaient un casier judiciaire ou qu’ils étaient mariés alors que cela n’était pas le cas. Cela peut également se produire en recevant des contraventions qui ne vous sont pas destinées, ou en voyant votre compte en banque se vider peu à peu ou tout d’un coup, sans que vous n’y soyez pour quelque chose.

Avant l’apparition d’Internet, le vol des documents personnels dans les poubelles ou dans les boîtes aux lettres était la méthode la plus fréquente. Ça peut être encore le cas. Donc un conseil : déchirez bien vos documents avant de les jeter et découpez ou masquez les informations importantes.

Le vol des appareils numériques comme les smartphones ou les tablettes est très fréquent. Grâce à ces appareils, le voleur peut récupérer vos données personnelles, les regrouper et savoir qui vous êtes. Pour éviter cela, il est impératif de mettre des mots de passe sur tous vos appareils, et de conserver le numéro IMEI de votre portable pour pouvoir le désactiver à distance.

Enfin, le « phishing » ou l’hameçonnage en Français, est aussi une pratique très répandue. Des mails sont envoyés au nom de grandes enseignes (comme Edf, les banques ou l’opérateur téléphonie ou encore la compagnie d’assurance) vous demandant de rentrer vos coordonnées bancaires ainsi que votre nom et votre domicile. Une fois ces données en leur possession, les malfaiteurs ont accès à vos comptes et toutes vos données privées.  Soyez donc prudent, et ne donnez pas votre nom si vous n’êtes pas sûr de votre interlocuteur et vérifiez également les fautes d’orthographes, nombreuses dans ce genre de courriel malveillant car elles sont le signe d’une tentative d’escroquerie.

Vous avez trois ans pour agir en justice, à compter du moment où votre identité a été usurpée. Vous devez déposer plainte contre X dans le commissariat de police ou de gendarmerie le plus proche de votre domicile et vous pouvez prendre un avocat s’il vous semble difficile de prouver ce que vous avancez. Si vous obtenez un jugement favorable devant le tribunal : vous devrez absolument faire parvenir, en lettre recommandée une copie de votre jugement à la banque de France et à l’organisme auprès duquel l’usurpation a eu lieu.